Un blog dédié à ma famille et à ceux qui me connaissent.
Mais quiconque intéressé peut toujours me lire !
Je suis une jeune française habitant dans le sud de l'Angleterre, et étant mariée avec mon doudou ivoirien.
Ex au pair (expérience inoubliable) et maintenant assistante dans une crèche anglaise.
Quoi de plus ? ;)
Edit : Et maintenant, nouvelle maman !
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Wednesday, 23 September 2009

Derniers instants avant mon retour en Angleterre

Apres la fameuse audition du 22 juin au consulat francais, nous sommes partis a Yopougon donner la bonne nouvelle !
Puis dans la soiree, est venu le moment de se dire au revoir. Quelques photos souvenir avec Fadji et Anderson.
Puis Fadji m a donne plein de colliers et bracelets... et a la fin, meme son collier de Selassie qu il portait. Aie aie aie ! C est un grand monsieur, vraiment humble.
Je sais qu en octobre, je vais donner des cadeaux a toute sa famille, lui meme, sa femme et ses enfants (dont la petite Princesse !).
Bref, les adieux, cest jamais facile.
On est retourne a Williamsville dans la soiree.



Photo : Saile et Fadji.

Puis mardi est arrive. Le dernier jour pour moi.
Nous avons passe la matinee tranquille a la maison de Williamsville. Regarde la tele et mange tranquille la salade dont on avait achete les legumes au marche.
Puis, on est parti a Abobo. Abobo est le ghetto dans toute sa splendeur. On avait pense trouver une vendeuse d aloko mais on a pas trouve.
Cest en revenant a la maison qu on a trouve une femme qui en vendait, juste en face de l entree du camp CRS !! Quelles nouilles !
Bref, on a mange tranquille. La femme etait ravie de me servir, je me rappelle. Mais pleaaaaaaaaase, pas de piment ! Jen ai pas eu ouf !
L aloko, ce sont des bananes plantains frites. Elles sont baignees dans l huile. Au debut, tu trouves ca super bon, j ai adore, mais apres tu sens vraiment qu il y a beaucoup trop d huile. Ca te remplit vachement le ventre. Cest bien de temps en temps mais tout le temps, cest mauvais pour la sante.
Sylla m avait dit qu il connaissait des potes qui en mangeaient tous les soirs, a la fin, ils etaient malades ! Tu m etonnes ! C est comme manger des frites tous les soirs !
Faut pas abuser de l aloko !

Puis on est rentre vers 6h. La j ai fini de faire mes bagages. On voulait partir tot a l aeroport pour eviter de payer le taxi avec le tarif de nuit (plus cher). Et puis, je voulais pas partir seule pour repasser les barrages seule (on en aura vu aucun !).

Bagages finis, on est reste dans le salon a regarder la tele avec les enfants. On attendait aussi Mariam qui revenait juste de Bouake (ville au nord du pays) en visite familiale.
Sa fille Sita m a donne son propre email (elle m a contactee plusieurs fois depuis).
Il y avait pas mal d enfants dans la maison, bien sur Sita et son frere mais aussi beaucoup de leurs amis, car ils s etaient tous passe le mot que je partais. Meme la veille, il y avait un vrai defile de gamins. Pour eux, cetait leur derniere chance de me voir (peut etre meme me toucher) avant un bon moment.

Une gamine de 3 ans est entree dans la maison tres vite et en quelques secondes, s est approchee de moi, m a saluee en tendant la main comme les adultes le font et est partie en courant, comme si elle avait retenu son souffle. Une autre, a peine plus de 3 ans aussi, juste rigolait a l entree de la maison.
A la fin, on les a fait entrer, la petite qui rigolait, etait trop petrifiee quand j ai essaye de la prendre, et criait et partait en courant (cest la petite soeur d une des potes de Sita) mais la courageuse qui m a serre la main, s est laisse faire et je l ai prise sur les genoux quelques minutes. Elle a eu la trouille elle aussi quand meme ! Et les grands etaient tous morts de rire devant cette scene.
J ai pris quelques photos en souvenir.

Bref, Mariam arrive, je dis beaucoup de remerciements pour tout, l accueil, la nourriture etc.

Puis le moment arrive de partir. Sita prend ma valise, et sa pote prend ma main, et la plupart des gamins nous escortent jusqu a la porte du camp CRS.

La encore, on redit merci a Mariam, on lui donne quelques francs, on dit au revoir aux enfants, et on monte dans le taxi. Bye bye !

Saturday, 19 September 2009

L audition au consulat francais d Abidjan, le 22 juin dernier

Il faut que je raconte la suite des evenements que j avais laisse tombe il y a quelques semaines.

Donc retour en arriere. Le 22 juin 2009.

Ca y est !! Le jour J est arrive !
Comme chaque matin, quand on va en ville, on prend notre petit cafe au meme endroit habituel. On trouve les rues quasi desertes. Le gens sont juste en train de se reveiller lentement, et les gamins sont sur le chemin de l ecole.

On se rend compte alors qu on s est trompe d heure ! Il etait environ 6 h ! Une heure d avance ! cest pas grave. Tant mieux.
On prend donc notre temps au cafe. Puis, on file au Plateau.

On va d abord chez la notaire. La remplassante nous recoit sans probleme. On lui file les 200 000 francs CFA. Et elle nous donne un recu. Tout est ok.

Apres cela, comme on etait en avance, on est reste un peu dans le parc du Plateau. La ou beaucoup d employes mangent et se reposent aux heures de pause.





Photo : photos prise au parc du Plateau, juste avant l audition.

Puis vers 9h40, on arrive au consulat (pour un RDV fixe a 10h).
Entree bien gardee avec detecteurs d armes et j en passe. On se fait enregistrer.
Apres cela, on nous dirige vers la partie 'Etat civil'.
La on attend quasi 2 heures. Du n importe quoi. Il y avait du monde mais quand meme !

J etais trop stressee. Saile etait plus relax que moi.

Finalement, on nous prend. Apres salutations, et apres qu on a explique pourquoi on etait la, la dame nous a explique brievement le deroulement de cet entretien. Tout d abord, on regarde tous les docs, puis on raconte brievement notre histoire et enfin, on a un questionnaire separe, et elle compare si les reponses sont les memes.

Donc concernant les docs, on avait emmene plus de choses que prevues. Mais meme les actes de naissance de mes parents, recommandes sur le site du consulat, etaient en fait inutiles. Super !
Par contre, on a du faire des copies de mon dernier visa, celui la meme que j ai du avoir pour arriver en Cote d Ivoire. Je pensais que cetait juste evident ! Comment aurais je pu etre present au consulat sans visa sinon ? Mais non, ils voulaient les photocopies de toutes les pages utilisees du passeport. Et Saile aussi, il lui manquait une page. La dame a voulu nous effrayer en disant que normalement ils acceptaient pas de faire des photocopies a notre place.
Apres, niveau justificatif de domicile, cetait un peu delicat car tout etait en anglais et les francais ne veulent rien savoir.
La seule chose qui m a sauve est une lettre de EDF (pas meme une facture !) car cette compagnie est presente dans le sud de l England !
Puis la dame nous demande si on a un contrat de mariage. On dit oui, on a ete voir un notaire. Elle nous demande le nom et apres avoir repondu, elle ecrit quelque chose en gros, rouge et entoure dans notre dossier (un gros point positif pour nous). En fait, elle nous dit qu elle connait tres bien cette notaire, et que le consulat bosse souvent avec elle !

Bref, apres tout ca, on raconte notre histoire. Elle a ecrit les grandes lignes dans notre dossier. On a explique qu on s est connu en ete 2002 grace a une revue de reggae. On a montre le numero ou mon courrier avait ete edite. Sur la premiere page de la revue, cetait Bounty Killa et la dame nous a demande si cetait pas Saile ? Lol...
Puis, on a dit qu on s est rencontre la premiere fois l annee derniere au Mali et cest la qu on a decide vraiment qu on voulait se marier.
Entre 2002 et 2008, on a explique qu on a bien pris le temps de se connaitre, et puis au debut j avais mes etudes et j etais encore trop jeune pour bouger seule en Afrique.

Puis elle a demande a Saile de partir du bureau et d attendre la ou on a attendu juste avant. Elle a alors commence a me questionner. Ca a dure environ 10/15 minutes.
Tout d abord, elle m a demande des infos sur moi meme : mon nom en entier (elle avait vu sur mon passeport que j avais d autres noms), la date et le lieu ou je suis nee, le nom de mes parents, leurs professions, puis sur mes etudes et mon job actuel. Elle m a demande le montant de mon salaire et de mon loyer. J ai dit un salaire de 1000 euros pour un loyer de 500 ( jai du traduire en euros car bon je savais d avance qu elle voulait rien savoir du pound !). La elle m a demande si ce n etait pas difficile avec un salaire si peu eleve. J ai dit que je me debrouillais.
Puis elle m a demande des infos sur Saile. Son nom exacte (quelle m a demande d epeler), sa date et lieu de naissance, le nom de ses parents et leur profession (elle a pu comparer les donnees car elle avait lacte de naissance de Saile sous les yeux). Elle m a demande aussi le nom de ses freres et soeurs (la elle etait embrouillee avec ceux qui etaient decedes et ceux qui etaient toujours la). Puis, elle m a demande son ethnie et j ai repondu 'malinke'. Elle n avait pas compris, alors que ce terme est tres connu dans tout le pays.
Puis elle m a demande les etudes de Saile et sa profession (en dehors de la musique). La cetait delicat, j ai dit qu il vivait de debrouille, vendait des colliers et autres objets et gagnait environ 20 000/30 000 francs par mois (cad 50/60 euros environ).
Puis elle m a demande ou il habitait, j ai dit qu il vivait chez son frere pour le moment a Williamsville. Elle m a demande si cetait une maison ou un appartement et honnetement, j avais aucune idee !
Bref, et elle m a demande mon numero de telephone et si je savais le sien. Voila en gros le questionnaire.

Puis, elle a appele Saile et j ai du attendre a mon tour. Elle lui a demande la meme chose. Cetait delicat pour lui au niveau de mon salaire et de mon loyer (il a aucune notion de l euro et du pound par rapport au franc CFA) et de mon logement (maison, appart ?).
Mais a part cela (dans ces cas la, il faut etre honnete et dire qu on ne connait pas), il a eu aucun probleme pour le reste (il m a dit qu il avait appris par coeur mon numero de tel quand je passais le questionnaire ! Et qu il avait vu la dame verifier chaque numero un part un et elle etait contente a chaque fois comme cetait bon).

Bref, puis elle m a demande de revenir. La elle a direct dit : 'Bon, cest ok. Vous vous connaissez assez bien. On peut continuer la procedure'. On etait juste trop contents !

Elle nous a un peu explique les prochaines demarches a suivre : la publication des bans et la delivrance du certificat de capacite a mariage que j ai bien clarifie qu il doit etre donne au consulat de Londres.

Puis on est parti.

Il etait largement midi passe, meme 1h passee, je sais plus trop.
On est sorti et on a souffle un bon coup ! Car cetait beaucoup de pressions accumulees.
Tu te rends compte apres que cest des trucs comme la connaissance du numero de telephone du conjoint qui joue sur la decision finale !

On a eu beau en discuter des heures et des heures apres, les faits etaient la : on avait reussi !! On nous a donne ce jour la, le DROIT de nous marier.

On est parti manger dans un alokodrome (leur resto en plein air). Juste un riz/sauce avec poisson.
Puis on est parti a Yopougon direct, raconter la bonne nouvelle a tout le monde.

L atmosphere durant cette audition etait quand meme tres tendue, meme si la dame etait raisonnable (pas d abus comme je peux le voir dans des temoignages), mais froide.

A suivre : les derniers moments de mon sejour en Cote d Ivoire...

Friday, 21 August 2009

Les actes de naissance

Apres, le plus important truc a regler, cetait ces fameux actes de naissance.

Rappel des faits : Avant mon arrivee a Abidjan, Saile a du se rendre a Yamoussoukro, sa ville natale ( et capitale du pays) pour faire la demande. Mais il n a pas pu obtenir les papiers car les delais d attente etaient longs. Mais on lui dit qu on les lui enverrait par fax, a travers un pote de Yamoussoukro.

Resultat, vendredi, on se rend au Plateau voir un ami de longue date, Boubakar S. (je dis pas son nom de famille). Meme moi, j avais eu des contacts mails avec lui il y a quelques annees.
Il dirige une agence de voyage. Cest un vrai boss.Un vrai business man qui arrive bien.
Dans son bureau, il a un ordinateur portable dernier model. Son phone est dernier modele avec touche clavier. Clim moderne et j en passe. Le vrai business man du Plateau ! Et en costard aussi bien sur !
Cest lui qui s est arrange a faire une fausse reservation d hotel qu il m a faxe a Tunbridge Wells. Tout ca pour ma demande de visa ivoirien. Ils sont assez exigeants sur la preuve d adresse de mon sejour.

Donc deja, on l a beaucoup remercie pour ca. Et puis apres, on a vu comment on allait faire pour ces fameux actes de naissance. Apres avoir appele le pote de Yamoussoukro, on a eu l assurance que d ici le lendemain soir (samedi), ca serait ok.
Cependant, le lendemain, aucune news de ce pote. Meme en l appelant, les choses n avancent pas.
Les actes ne sont pas encore arrives a Abidjan. Finalement, on nous dit que ca arrivera le lendemain dimanche.

De notre cote, nous on est plus que stresse. Quelque chose d inimaginable. Car sans ces actes, tout est foutu car le dossier pour le consulat sera incomplet, alors RDV annule d office.
Il faut avoir le dossier complet avant de continuer la procedure. Ce qui fait qu au final, mon sejour n aura pas abouti a ce qu on voulait. Donc obligation de tout recommencer. Et je sais que pour moi, ca aurait ete impossible. Bref, cetait tres tres tendu.

Arrive dimanche. On se rend a la gare routiere d Adjame, la ou il y a un bureau pour les envois/receptions nationaux de colis et fax.
Pas encore arrives !
On y retourne dans l apres midi, plus que stresses. Au bout d un temps d attente assez long et stressant, on s occupe de nous. Et on recoit notre courrier !
La on s assoit direct et on ouvre la lettre, tres doucement, avec une delicatesse comme si cetait un objet fragile et precieux. Mais en meme temps, on etait excite comme si on venait juste de recevoir un cadeau de noel. Resultat : les actes sont ok et le compte est bon !
Youpi ! Encore une chose de reglee !!
On repart d Adjame heureux comme deux gamins un 25 decembre.
Puis on se rend a la maison a Williamsville.
On est dimanche soir et on veut etre tranquille pour gerer le dossier : rassembler tous les papiers et preparer l audition.
On avait depuis quelques jours deja, chacun un petit papier avec toutes les infos essentielles nous concernant : nom, prenom, date de naissance, lieu de naissance, nom du pere, nom de la mere, professions, nom des freres et soeurs, ages et professions, nos diplomes, nos boulots, nos numeros de tel... Et partout, on emmenait avec nous ce papier, et des qu on avait un moment, on 'revisait'.

Mais bref, apres une journee bien chargee a courir partout apres les papiers adminitratifs, nous voila enfin prets !!! Yahooo !

La suite des que possible.
A+

Friday, 14 August 2009

La recherche des deux temoins

Durant ces 3 jours, on a pas mal fait de va et vient entre Yopougon et Williamsville pour prendre du temps avec les potes.

A Yop, on a rencontre un pote a Saile du temps de la fac, Ismael. On a partage le cafe plusieurs fois. On lui a demande d etre notre temoin et il a accepte.

Il nous fallait une copie de sa carte d identite.
Ce jour la, on etait dimanche et on a beaucoup marche dans le ghetto pour trouver un cyber ouvert avec une imprimante qui marche surtout !

L autre personne a qui on a demande une copie est Anderson, le pote avec qui Saile partageait leur piole/cabane.
On a pu aussi obtenir une copie sans probleme ce dimanche la (on avait deja demande plus tot, alors il a eu du temps pour faire la copie).



Photo : Anderson et Saile.

Il nous faut ces copies pour le RDV du consulat et aussi pour le dossier aupres de la mairie. Mais ca cest pour octobre !

Bye

Le certificat de residence

Apres notre RDV aupres de la notaire, ce jeudi 18, nous sommes rentres a la maison a Williamsville.
La, on a tout mis a plat, tout ce qu il nous fallait pour le 22.
Et tout d abord, on a pense a ce certificat de residence a obtenir dans un commissariat de police.

En gros, cest une preuve d adresse, quand on a ni facture, ni loyer en papier (a l europeenne quoi).

Ayant son frere flic, Saile obtient le contact d un adjudant du commissariat d Adjame, la ou Brahima travaillait avant.
Saile l appelle donc et explique la situation. L adjudant lui dit de passer le lendemain. Cool.
Puis tout d un coup, Saile dit : 'Mon adjudant, jai mon amie la avec moi. Je vous la passe ! Elle veut vous dire bonjour !'
Aaaaah !!!

Jetais genee mais jai dit les trucs classiques. 'Amie de Saile (ca ca veut dire cheriiie dans le language courant hihi), suis en CI depuis le 17 au matin, je suis bien arrivee et la famille, ca va bien'.
Mais avec mon accent et tout, il a devine que jetais francaise. Alors ca a ete direct quand j ai repasse le telephone a Saile :' Mon ami ! Tu peux venir cet apres midi meme !'

Voila comment etre blanc peut arranger les choses parfois.

Alors direct, on file au commissariat d Adjame. Il y avait du monde. On a attendu pas mal de temps.
Et cest la que Tom a choisi son bon moment de m appeler. Moi la seule blanche deja, je me fais encore plus remarquee avec un appel ! Meme si j ai du sortir pour etre plus polie, et bien meme, tout le monde me regardait alors.

Bref, le chef nous a parle un peu, en bon ami quoi. On a attendu un peu mais au final on a pu obtenir le papier pour 2000 francs CFA environ. Une bonne chose de faite !

A+

Comment on a boucle le dossier pour le RDV au consulat...

Hi,
Je continue nos aventures en Cote d Ivoire..
Apres le RDV avec la notaire, on etait tres content. Mais ce netait que le debut ! On avait 3 jours pour boucler notre dossier pour l audition au consulat francais d Abidjan. Un vrai compte a rebours !

Il nous fallait :
- obtenir le certificat de residence de Saile
- chercher deux temoins pour le mariage
- obtenir les actes de naissance de Saile.

Saturday, 8 August 2009

La guerre en Cote d Ivoire


La Côte d’Ivoire est une ancienne colonie française.
En 1842, les français prennent la zone lagunaire au sud. La colonie de Côte d’Ivoire est créé en 1893 et est rattachée à l’Afrique Occidentale Francaise (AOF) en 1904.
Durant toute cette période jusqu’en 1914, les français ont entrepris la conquête du pays. Mais ils se sont heurtés à une forte population résistante et à Samory Touré, surnommé « le Napoléon de la savane ».

En 1934, Abidjan devient la capitale du pays, après Grand-Bassam et Bingerville. A cette époque, était menée une colonisation dure où le travail forcé était important.

En 1946, comme dans la plupart des colonies françaises, la Côte d’Ivoire devient territoire d’outre-mer puis République autonome en 58. En 1960, elle proclame l’indépendance. Félix Houphouët Boigny devient Président. Il mena une grande politique économique, ce qui permit au pays de se développer (le « miracle ivoirien ») mais resta fidèle à une coopération française.





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Explication : Felix Houphouet Boigny

Félix Houphouët Boigny est né à Yamoussoukro en 1905. Médecin de formation, il devient leader des planteurs ivoiriens qui étaient victimes d’un système colonialiste favorable aux planteurs Blancs. Il fonde en 1946 le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), parti précurseur de l’anticolonialisme panafricain. Il préside le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), section ivoirienne du RDA.

Elu à la Chambre des députés à Paris, il fait voter une loi pour l’abolition du travail forcé. Il occupe par la suite plusieurs postes ministériels en France sous la IVème République.
Mais il vira de bord et s’entoura de conseillers français. Il est élu Président de la République en Côte d’Ivoire en 1960 et y resta jusqu’en 1993, malgré une opposition croissante.

Ami de Foccart, il élimina toute opposition politique et pilla son pays. Sa fortune colossale était estimée à 60 milliards de francs français. Parallèlement, le pays battait le record mondial de l’endettement par habitant.
Mais son pouvoir, même s’il portait les symptômes d’une dictature, était moins atroce que les autres dirigeants africains de l’époque (Mobutu, Sassou Nguesso…).






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Suite :
Cependant, une grave crise politique et sociale, due notamment à la montée du chômage et à l’endettement du pays, conduit la Côte d’Ivoire à s’ouvrir au multipartisme en 1990. En 1993, Boigny décède alors qu’il n’avait pas terminé son mandat. Conformément à la Constitution, Henri Konan Bédié (alors Président de l’Assemblée Nationale) le succède jusqu’aux prochaines élections.

En 1995, les élections présidentielles aboutissent à la victoire de Bédié. Celui-ci, pour gagner ces élections, avait mené une politique hautement xénophobe, en développant le concept de l’ivoirité, écartant ainsi son concurrent Alassane Ouattara (1er Ministre sous la présidence de Boigny), né en Côte d’Ivoire mais de parents burkinabés.

Sous ces conditions, Ouattara refuse de se présenter et appelle au boycott. L’abtension était élevé et Bédié a été élu avec 96 % des voix.





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Explication : La xenophobie et le principe de l'ivoirite

Dans les annees 60 et 70, au temps du 'miracle ivoirien', Houphouet Boigny accueilli une importante communaute etrangere pour le travail, principalement venu du Burkina Faso (ils representent la moitie de la population etrangere aujour dhui) et du Mali. Comme ils etaient nombreux et donc interessants au niveau politique, Boigny proceda a une vague de naturalisation pour leur permettre de voter entre autres.

Selon Boigny, 'la terre appartient a celui qui la met en valeur'. De ce fait, beaucoup d etrangers s installerent surtout a l'ouest du pays cultiver la terre.
Dependant avec l arrivee de la crise economique dans les annees 80, beaucoup de gens ont pense que le 'seuil de tolerance' etait depasse. S ensuivent querelles sur la propriete des terres, et sur la montee des fausses pieces d identite.

Les etrangers seront alors soupconnes d etre des faussaires infiltres dans les affaires ivoiriennes. Le Burkina et le Mali seront accuses de chercher a s approprier les richesses ivoiriennes par l intermediaire de leurs expatries et de leur leader : Alassane Ouattara. Son parti, le RDR sera percu comme le parti des etrangers alors que la plupart des membres sont ivoiriens.
L amalgame sera vite etabli entre reels etrangers et les ivoiriens venant du nord du pays, car portant les memes noms, etant de memes ethnies et partageant la meme religion.
Ainsi, il est alors facile de faire des oppositions entre nord (musulmans) et sud (chretiens), musulmans et chretiens et etrangers et ivoiriens.

Quand Bedie arrive au pouvoir, il va developper cette doctrine sur l ivoirite. Une doctrine qui explique que pour etre ivoirien, il faut etre de 'souche multiseculaire', cest a dire que tes ancetres doivent etre sur le territoire ivoirien depuis des siecles. Principe illogique puisque la Cote d Ivoire a theoriquement tout juste un siecle (en 1904).

Suspectes de ne pas etre completement ivoiriennes, les populations du nord (puisque plus recemment immigrees que les autres ethnies du pays), sont mises en situation de faiblesse.
Bedie va entretenir la montee de la zenophobie en manipulant les peurs et jalousies entre Nord et Sud.
Au nom de l ivoirite, les etrangers sont chasses de leur plantation.
Au nom de l ivoirite, beaucoup d ivoiriens du nord deviennent des sans papiers dans leur propre pays (probleme pour differencier les fausses cartes d identite des vrais, car memes noms de famille).
Au nom de l ivoirite, beaucoup d ivoiriens et etrangers se retrouvent licencies.

Cest ici que se trouve la racine de la violence ivoirienne actuelle. Cette phobie anti musulmane et anti etrangere va augmenter au fur et a mesure que la politique va se degrader.

-> La population immigree represente aujourd hui 26 % de la population totale. A titre de comparaison, en France, on compte 7,4 % d immigres.





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Suite :
Un coup d’Etat organisé par le général Robert Gueï destitue Bedie en décembre 1999, procurant un soulagement dans la population.

Ce soulagement sera de courte durée car Gueï ne réussit pas à résoudre les problèmes sur les conditions d’éligibilité à la présidence. De plus, ayant promis de rendre le pouvoir à des civils, il se présenta quand même aux élections de 2000.

Lors de ces élections, Gueï arrive a ecarter tous ses opposants (Bedie avec le coup d Etat, et Ouattara les conditions d eligibilite) mais doit s’affronter à Gbagbo, leader de l’opposition. Ce dernier remporte les élections et devient Président de la République. Ces élections se sont déroulées dans des conditions « calamiteuses » (paroles de Gbagbo) : boycott des votes (par les partisans de Ouattara), fraude électorale de Gueï, charnier de Yopougon…




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Explication : La fraude electorale et le charnier de Yopougon

Le 22 octobre 2000, alors que le premier tour des elections vient juste de passer, Guei fait interrompre le calcul des voix. Les premiers resultats etaient en faveur de Gbagbo.

Le 24, on annonce la victoire de Guei.

Cette fraude a aussitot ete denoncee par Gbagbo, qui va appeler les gens a protester dans les rues. La foule se fait tiree dessus par la milice de Guei.

Le 25 octobre, plusieurs milliers de personnes de tous bords politiques envahissent les rues proclamant le depart de Guei.

Le meme jour, les depouillements des voix reprennent et se terminent : Gbagbo est choisi comme President.

La voix du peuple a gagne, cependant la liaison des gens contre Guei ne durera pas longtemps. Les pro Ouattara refuse la victoire de Gbagbo, et les partisans de ce dernier leur ont promis alors la guerre !

Ce meme jour, le 25 octobre, a Abobo (un ghetto similaire a Yopougon), des gendarmes pro Gbagbo ont fait irruption dans les cours des familles et ont emmenes sans dsitinction des militants, des jeunes dioulas (peuple au nord du pays), et des immigres burkinabes, maliens et guineens dans le camp de gendarmerie d Abobo.

Mais dans l apres midi, une bagarre eclate entre un lieutenant et un vieux chef de famille dans sa cour. Le gendarme a ete tue. Lorsque la nouvelle est arrivee au camp, la gendarmerie a decide d abattre tous les prisonniers pris dans la matinee.

La plupart ont ete tue, les autres ont ete obliges d emmener les corps et de les jeter dans un terrain vague de Yopougon ou ils se feront mitrailles a leur tour.
Le 27 octobre, un charnier de 57 corps sera decouvert a Yopougon.

L'n des deux seuls rescapes explique : 'J ai ete arrete le jeudi 26 octobre vers 16h alors que je me trouvais chez des amis en train d ecouter du rap a la radio. Les gendarmes nous ont tous fait sortir et ont verifie nos cartes d identite. J ai ete arrete avec 7 autres personnes et nous avons ete conduits au camp de gendarmerie d Abobo. La, on nous a abattu et tire dessus. Beaucoup de detenus ont ete tues. On m a demande a moi et aux quelques autres personnes qui n avaient pas ete tuees de transporter les cadavres dans un camion. A la tombee de la nuit, on nous a conduit dans un terrain vague a Yopougon et on nous a demande de decharge les cadavres. Moi, je me suis jete a terre et j ai fait le mort. Une fois tous les cadavres decharges, les gendarmes ont demande aux detenus qui avaient decharge les corps de s asseoir et ils les ont tous cribles de balles.'

A la fin de ces elections presidentielles, les morts seront au nombre de 200 (avec autant de blesses).




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Suite :
C’est dans ce climat fragile qu’une tentative de coup d’Etat éclate en 2002. Gbagbo reste Président mais le pays est coupé en deux et le nord est occupé par les rebelles (les mêmes militaires que ceux de 99). Ces derniers souhaitent la baisse de la xénophobie et l’éligibilité de Ouattara.
Une guerre civile éclate et les accords de paix de Marcoussis (ville en region parisienne) en 2003 n’arrêtent pas les affrontements. Il y aura beaucoup de massacres du style 'charnier de Yopougon' mais du cote inverse en 'memoire' du massacre de Yopougon.

La fin de la guerre est officiellement declaree en juillet 2003.

L armee francaise (operation Licorne) intervient depuis 2003 mandate par l ONU. Mais l annee 2004 sera tres tendue (avec des manifestations pacifiques reprimees par les milices de Gbagbo faisant plusieurs centaines de morts), et surtout avec l implication directe de l armee francaise en novembre 2004 (tir a balles reelles sur la foule de manifestants, apres la destruction d avions militaires ivoiriens).

Un gouvernement de transition chargé de préparer les nouvelles élections est mis en place. Mais le processus de paix est long et les deux bords commettent chacun de leur côté des exactions.

En octobre 2005, les élections n’ont pas lieu (tous les 5 ans), ni en octobre 2006.
Début 2007, Guillaume Soro, chef des « rebelles » (rebaptisés Forces Nouvelles) devient Premier ministre, aboutissant ainsi à une « cohabitation » du gouvernement en place et de l’opposition.


2009 : elections prevues en novembre, apres 4 annees de tentatives ratees. Gbagbo et ses partisans sont les profiteurs de cette situation car il est toujours au pouvoir.



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Explication : Relations françafricaines

Houphouët Boigny était un fidèle ami de Foccart, un grand pilier de la 'francafrique'. Sous sa présidence, il a emmagasiné des sommes considérables alimentant en partie les réseaux françafricains.
En matière de politique extérieure, Boigny a soutenu les guerres du Biafra et du Liberia, et a aussi aidé dans l’affaire de l’assassinat de Sankara, ancien Président burkinabé.

Lorsque Bédié était au pouvoir, la France a soutenu le coup d’Etat de Gueï dont le but était de mettre au pouvoir Alassane Ouattara, homme politique de droite, ancien haut fonctionnaire du FMI.

Aux élections de 2000, le résultat de Gbagbo est une surprise pour la France. Gbagbo, étant socialiste, est un ami de Lionel Jospin. Et ce dernier étant à l’époque 1er Ministre, il le soutient.
Mais lorsqu’en 2002, après les élections françaises, le gouvernement devient un gouvernement de droite avec Raffarin à sa tête, un coup d’Etat éclate comme par hasard la même année, dont le but là encore était de porter Ouattara au pouvoir.


L’armée intervient et Gbagbo dénonce la France de soutenir la rébellion. Les milices patriotiques proches de Gbagbo (qui soutiennent aussi le concept xénophobe de l’ivoirité) effraient les ressortissants français, dont les attaques de novembre 2004 constituent le summum.

A l’inverse, Gbagbo continue à signer des contrats juteux avec les multinationales françaises. Ainsi, Gbagbo joue à « je t’aime moi non plus » en étant à la fois mi ami, mi ennemi de la France.



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J ai connu Sylla en aout 2002, soit un mois avant la tentative du coup d Etat. Depuis cela les mois qui ont suivi ont ete tres tres difficiles. Parfois il se passait des jours, voire meme semaines sans nouvelle, alors que le pays etait a la une des journaux francais (racontant des mensonges au passage). Et moi parfois, je m imaginais le pire car tout pouvait arriver a cette epoque la : simple barrage routier avec controle de papier et tu pouvais etre assassine..
Mais il a toujours reussi a me contacter meme lorsqu il y avait les couvre feux...

Il y a les sequelles de la guerre ici ou la dans la vie quotidienne. Anderson a par exemple une de ses mains completement defiguree (Saile m avait dit qu il faisait partie de la milice patriotique de Gbagbo).
Mais les gens veulent surtout passer a autre chose.
Et meme attendre les elections depuis 5 ans maintenant, ca devient du ridicule. On verra en novembre prochain.

Thursday, 6 August 2009

Que s est t il passe en Cote d Ivoire ?

Hi
Je vais faire un article prochainement expliquant brievement ce qu il sest passe en Cote d Ivoire, le charnier de Yopougon en 2000, la tentative du coup d Etat en 2002 et ses consequences.

En fait, j ai un petit probleme pour copier/coller en ce moment. Mais j ai deja le texte ici. Je vais un peu l ameliorer mais voici deja une base pour comprendre :
http://zion-reggae.over-blog.fr/2-categorie-10041750.html

Je vais voir ca au plus vite.

A+

Une reelle surprise ?

Hi !
Ce soir, je vois sur les news de MSN que l affaire Kieffer est de nouveau d actualite.
Plus encore ! 2 politiciens francais tres proches du president ivoirien Gbagbo seraient inculpes de son meurtre. Quelle surprise !

Rappelons les faits : Kieffer (un franco canadien) a ete assassine en avril 2004 en Cote d Ivoire. Il enquetait sur le dossier du cacao ivoirien. La Cote d Ivoire est le premier exportateur de cacao mondial et le pays s est developpe en grande partie grace a ca. Mais avec la crise economique des annees 80 puis la guerre, les choses ont change et Kieffer enquetait sur les sources de financement de cette economie. Une vraie magouille.
Donc par consequent, par peur que Kieffer aille plus loin ou revele les choses a la face du monde, on a prefere l assassiner. Logique. Et que ce soit le cas de francais n est pas etonnant !

Friday, 24 July 2009

Quartier populaire, ghetto, bidonville... un peu de vocabulaire !

Hi !
Cest en cherchant des photos d Abidjan sur le net que je tombe sur cet article.
www.geographie-ville-en-guerre.blogspot.com/2008/la-ville-africaine-en-images.html

Il a ete cree par une personne doctorate en geographie.

Jaime pas trop ce genre d analyse mais bref, pour la premiere photo, on voit bien le modernisme du Plateau.
Puis dans la deuxieme, un 'quartier populaire' de Yopougon, et enfin un bidonville d Adjame (genre de quartier ou j etais a Yop).

Donc quand je parle de ghetto dans ce blog (qui n est en fait que la reprise du terme employe la bas par les gens eux memes), il s agit en fait de bidonville.

Selon elle, un bidonville est dans une 'logique d habitat spontane et illegale que les autorites administratives ne reconnaissent pas', ce qui fait la difference avec les 'quartiers populaires' ou il y a infrastructures ou un debut d infrastructures (route en goudron, electricite, eau courante...).

voila ! Explication faite !

A+

Le RDV chez la notaire

Jeudi 18 juin.

Ce jour est tres important. Ce matin nous devons voir la notaire pour etablir un contrat de mariage.

On quitte la maison (Williamsville) assez tot, apres une bonne nuit tranquille (oh punaise, n importe ou ou je vais, je dors comme une brique !). On part prendre un cafe dans un petit shop du quartier puis on prend un taxi pour le Plateau.

Le Plateau ! Autre quartier, autre commune, autre vibe. Completement different la encore.
La aussi, apres Yopougon, j etais impatiente de voir ce quartier depuis des annees.

Le Plateau est le quartier des affaires, la ou de temps en temps la aussi, il y a eu des emmerdes durant la guerre, surtout avec l implication des francais.

Bref, cest une commune tres riche ou siege la plupart des entreprises et ou il y a aussi le fameux consulat francais.

L entree du Plateau, c est comme entrer dans Nantes. Deja on passe une grande route qui pourrait ressembler au periph nantais et en voyant les grands immeubles de loin, cest comme entrer dans une ville europeenne.
Cest un choc. Les contrastes sont saisissants (meme le guide du routard le dit : www.routard.com/guide/code_dest/cote_d_ivoire.htm .) entre les ghettos de Yop et autres communes, les quartiers populaires d Adjame et la richesse du Plateau. Si je compare avec Bamako, son centre d affaires est nettement bien moins moderne et beaucoup plus petit. Resultat du temps de gloire des annees 60 et 70.

Bref, arrives la bas, bien sur, le nombre de blancs se comptent toujours sur les doigts d une main (j en ai vu seulement 3 !) mais les 3/4 des abidjanais sont bien habilles et bossent a l europeenne (je veux dire, dans les banques et les bureaux, etc.). Un choc en comparaison de Yop ou le chomage est tres eleve et ou c est la totale debrouille quoi.
Meme les rues et les shops sont europeanises (les magasins ont des vitrines !). Dans les autres quartiers, les shops et restos, cest une cabane en bois avec une bache pour toit. ;)

Bref, tout d abord, on va a la banque pour faire le change. 300 euros pour 200 000 francs CFA. C est le prix du contrat de mariage.
Pas de probleme de change. Tout est clean au Plateau.

Puis on arrive devant l adresse du notaire. On passe la securite. Pas de probleme.

Sylla est etonne de la plaque doree du notaire. J explique que cest une vieille tradition purement europeenne. Dans le temps passe (il y a plusieurs siecles), les plaques devaient etre dorees en cas d incendie pour signaler que l adresse est importante et donc les docs doivent etre sauves.

Le RDV est a 9h. Cest l adjointe de la notaire qui nous recoit car la notaire est absente pour plusieurs jours.
Aucun probleme pour les papiers. Preuves d identite ok. Mais petit probleme pour l acte de naissance de Sylla. L acte est trop ancien (il est juste vieux de 6 mois !). On dit qu on recevra les nouveaux le lendemain, le vendredi et qu on pourra lui filer le lundi matin, avant le RDV au consulat francais. Arrangement fait comme ca.
Elle nous fait lire tout un dossier expliquant le contrat. Cest assez du chinois pour moi mais alors pour Sylla, cest du n importe quoi ! Ptdr. Bref, mais etant francaise, on est sur le droit francais, les choses sont pas non plus nouvelles pour moi. Regime de la separation de biens. Blablabla...

Puis, on se donne rendez vous pour le lundi suivant a 9h, avec la thune et l acte de naissance, avant le rdv du consulat a 10h.

Cool, une chose importante de faite et on en sort tres contents.

Bye !

La famille a Williamsville

Cette premiere journee, le mercredi 17 juin, Sylla et moi, on est reste pas mal de temps a Yopougon. J ai rencontre d autres amis, surtout Dominique, un ami avec qui on prendra le the pas mal de fois.

Dans l apres midi, nous sommes alles aussi changer mes euros en francs CFA. Oh punaise, cetait un peu la misere de trouver une banque qui marche !! Mais au final, on a trouve ! Avec petit arrangement de 1000 francs pour le conseil.

Bref, vers 6h du soir, nous sommes partis a Williamsville chez le frere de Sylla, surnomme Adams (son vrai nom est Brahima). Il est flic et a ete mute a Daloa, a cote de Yamoussoukro ( environ 300 km d Abidjan). Donc en realite, je ne l ai jamais vu de tout mon sejour. Sa femme Mariam et ses enfants sont a Williamsville.

Williamsville est un quartier situe dans je ne sais pas quelle commune d Abidjan. Mais cest pas loin d Adjame.
La maison est situee dans le camp CRS du quartier. Un lieu encercle de flics. Ca fait un peu drole. Mais en realite, cest comme habiter avec sa famille dans un logement de fonction de la gendarmerie en France. Car les habitations sont securisees et encerclees par des hauts murs et des gardiens flics. Bon la, cest la meme chose !

A l interieur, ce sont juste des maisons a 1 etage assez bien equipees. Bien sur, il s agit toujours de 'quartier populaire' mais les familles habitant la ont l assurance d avoir a manger tous les jours sans probleme, et l assurance d avoir tous les enfants a l ecole (je veux dire, college, lycee et meme universite) car le parent travaillant dans la gendarmerie/CRS a un salaire raisonnable et regulier (pour comparer, le pere de Sylla lui meme etait militaire et cest pour ca que Sylla a pu aller jusqu a l universite. Les gens du ghetto font quelques annees d ecole primaire et cest tout)...

Bref, il s agit d un lieu nettement plus calme et agreable que le ghetto de Yop ou j etais.

Dans la maison, on a notre propre chambre et la famille aussi (3 chambres au total). La cuisine est bien equipee (disons une gaziniere, un enorme frigo et robinet).

Le salon est a l europeenne : deux grands canapes, une table basse, une table a diner et une tele !
Concernant les toilettes, il s agit de vraies toilettes a l europeenne. Seulement la chasse d eau n existe pas, et donc on balance juste quelques litres d eau pour laver apres y avoir ete quoi !
Pour la douche, vraie douche la encore, mais l eau ne marchait pas, donc vieux systeme au seau d eau, mais ca cest pas grave.

Donc ca me change pas mal de Lassa, a Bamako, l annee derniere, dans notre maison sans eau ni electricite !

Le soir, on mange un bon riz/sauce cuisine par Mariam.

Les petits vont a l ecole. On est en juin et cest presque termine (l education ivoirienne est base sur le systeme francais). Nadege (surnommee Sita) a 14 ans et va rentrer en 4e et son frere Coco est a l ecole primaire (je sais plus quel niveau). Sita travaillait beaucoup ses exos d anglais...



Photo : une pote, Nadege, une autre amie et Coco.

A +

Saturday, 18 July 2009

Princesse

Princesse est le nom de la petite d un ami a Sylla, Fadji. Il est tres gentil et me connait depuis le debut aussi. Il m appelle Mama Africa et a toujours ete de notre cote. Il habite a Yop, meme quartier ou je viens d arriver. Un voisin du meme groupe de maisons en bois.

Bref, ce meme jour, mercredi 17 juin, a Yopougon, vers 11h, je commence a avoir serieusement faim. Alors Sylla part me chercher a manger. Un attieke avec poisson ! Mon plat prefere ! Mmmmh ! L attieke est fait a base de manioc (aliment tradionnellement pile, seche etc. cest assez complique a faire... pour devenir une semoule). Ca ressemble beaucoup au couscous par sa texture.
Bref, je commence a manger pendant que Sylla part aux toilettes. Je mange avec mes doigts. Assez technique la aussi, mais honte a toi de manger l attieke a la cuillere ! Un souvenir de Bamako hihi ! J avais pas de cuillere de toute facon.

Bref, je suis dans cette fameuse cabane en bois, et ce matin j avais un peu dormi pendant que le pote (pas Fadji mais l autre, dont je me rappelle plus le nom) etait parti faire une course.
Donc cest dans cette maison que je suis en train de manger l attieke.
Tout d un coup, une petite de 3 ans, Princesse (je l avais deja rencontree un peu plus tot) arrive dans la maison et s assied en face de moi.
Elle voulait rien, juste me regarder. Je lui souris et l accueille en lui disant de partager l attieke.
Elle commence a prendre quelques poignees sans un mot.
Je commence a dire : 'Alors comme ca, tu t appelles Princesse ?'
Elle : Signe de tete.
Moi : 'Cest un joli nom.... Vas y prends un peu de poisson aussi !!'

Je vois qu elle enleve tous les piments de sa main et les met par terre... et ca, ca me fait sourire.

Moi : 'Oh je te comprends ! Moi non plus jaime pas ces piments ! Ils sont trop forts !'

Et apres, elle repart vite comme elle etait venue.

Sylla arrive a ce moment la et je dis : 'On a eu de la visite ! Princesse est passee. Elle a mange un peu. Et regarde les piments par terre !!'
Et lui en rigolant : 'Oh oui ! Elle me cherchait et me demandait ou tata etait !'

Tata, cest moi !
Dans le quartier, Sylla, cest Tonton Saile. Alors moi, cest donc Tata.
Juste la naturelle curiosite d une gamine de 3 ans !

A+

L arrivee a Yopougon

Rappel : Arrivee vers 2h du matin le 17 juin.

A l aeroport d Abidjan, j ai vite recupere mon bagage de soute et passe la douane sans probleme.
Mais a la sortie : big probleme ! Je ne vois pas Sylla !! J attends un peu mais deja tres vite, on commence a me poser des questions et les chauffeurs de taxi commencent a m appeler.
Je reste ferme.
Le probleme, cest que ma carte SIM ne passe pas et je n ai pas de francs pour appeler d un fixe (il y a quelques telephones dans l aeroport) et je ne peux faire le change car on est au milieu de la nuit.
Les gars de la securite me reperent tres vite et donc m aident en appelant Sylla a ma place, sur leur telephone. Erreur d heure d avion. Il croyait que j arrivais a 11.50 et non 1.50 ! Ouch ! Alors il prend direct un taxi et arrive vers 3.30 a l aeroport.
Pendant ce temps la, je discute avec les gars de la securite. Disons qu ils commencent la conversation. Ils me demandent ce que je fais la. Ils etaient curieux de savoir que j etais francaise mais residente en Angleterre. Et je discute de ce que je connais de la Cote d Ivoire. Je parle de Yopougon et d Adjame, les quartiers ou je serai la plupart du temps. Je parle de Drogba aussi (Chelsea est en Angleterre) et de la musique ivoirienne. Et je parle un peu en nouchi aussi, l argot local. Comme ca, ca detend l atmosphere et d une certaine maniere, ils savent a qui ils ont affaire. C est peut etre la premiere fois que j arrive en Cote d Ivoire, mais j y connais un minimum sur ce pays !
Meme en etant toujours dans l aeroport et n ayant encore rien vu du pays, ils me demandent deja ce que je pense de la Cote d Ivoire ! Pas facile a dire, mais je me rappelle avoir dit quelque chose comme ca : 'par experience avec le Mali l annee derniere, je sais que cest assez different, deja un peu plus riche et developpe et les ivoiriens aiment beaucoup la fete, et trouvent n importe quelle occasion pour s amuser ! malgre le passe de la guerre et tout ca.'
Ils ont bien rigole ! Deh pas loupe !!!

Quand Sylla arrive, ils nous demandent quelques francs. C est la routine. Ca ne m etonne pas.
On decide de repartir la d ou il venait, Yopougon (Yop) au lieu d attendre la fin de la nuit, ou le tarif devient moins cher.
Donc on prend un taxi pour Yop. Sur la route, on est arrete 3 fois par des barages de 'faux' flics. Les deux premieres fois, on nous demande de l argent. On negocie. 2000 francs a chaque fois (environ 4 euros). La troisieme fois, mitraillettes bien en evidence, les gars nous demandent juste nos passeports.
Bonne arrivee en Cote d Ivoire !!!
J apprends que cette corruption est devenue un vrai fleau a Abidjan, sur les grandes routes. Je pensais que cetait tranquille ici, mais que les barages etaient plutot au nord du pays. Ce qui est vrai et faux a la fois, disons qu au nord, il y en a plus et ils taxent plus !

Bref, on arrive a Yop vers 4h. On descend chez un pote, la ou Sylla dormait aussi.
Bonne arrivee. On fait connaissance tranquille. Il me connait depuis le debut ! 2002 ! 'ouais deh ! tu avais 16 ans et tu etais lyceenne !'

Abidjan est divise en 10 quartiers qui sont plus comme des arrondissements comme a Paris car chaque quartier a sa propre mairie. Ces 10 quartiers sont appeles 'communes'.
Yopougon est la commune la plus grande d Abidjan. Dans les guides touristiques, on dira que cest un quartier populaire. Autrement dit, cest un vrai ghetto. Bien que certains quartiers de Yop soient un peu plus riches (avec cour privee), le reste est un vrai ghetto.
Quand Sylla est la bas, il partage donc une maison avec ce pote. Une piece en bois de 9 m2, juste la place pour un matelas 1 place et quelques ustensiles de cuisine. Mais au moins il y a l electricite dans le quartier.

A Yop, il y a surtout des dioulas et des malinkes (Sylla est malinke). Donc le style est tres malien, c est a dire, petites maisons en bois (ou n importe quel autre truc qui peut faire l affaire) tres tres rapprochees entre elles. Je veux dire rapprochees du genre, les portes sont maximum de 50 cm entre elles. Et sachant que personne ne vit dans les maisons dans la journee mais dehors. Les femmes cuisinent devant les maisons, les gamins jouent autour. Voila un peu une image du ghetto. J ai pas pris de photos par respect.

Mais en sortant de ce groupe de maisons rapprochees qui est plus comme une grande cour familiale, on arrive a la grande route poussiereuse 3 metres plus loin (ou piste je crois, comme disent les touristes). Et la cest une vraie cour de recreation pour les gamins. Et meme les plus grands qui jouent au foot.

Donc malian style, cest cela car les 3/4 de Bamako, cest ce style de quartier. Alors que Abidjan, cest juste quelques communes. Voila une des grandes differences entre les deux villes. Et ca se voit par cette 'richesse'. Dans beaucoup de communes a Abidjan, il y a des immeubles comme dans les villes europennes. bien sur, l exterieur est tres degrade. Tu imagines le pire des quartiers francais, et ca donne ca a Abidjan, mais ici, disons que cest pas desagreable de vivre dans ce style de maison, disons que cest mieux que les petites cabanes en bois... surtout en pleine saison des pluies !

Car le gros probleme des ghettos de Yop, cest cette promiscuite qui engendre pas mal de maladies.
J oubliais, les toilettes sont partagees par, je dirais, au moins 50 personnes.
A Lassa, a Bamako, le quartier ou j etais, meme si il n y avait pas d electricite ni d eau, les maisons etaient tres espacees les unes des autres, et on partageait les toilettes seulement avec un voisin. Donc cetait pas difficile d y vivre.

Et derriere la maison du pote la, a Yop, il y a un grand ravin avec une eau stagnante (j ai attrape plein de boutons de moustiques ce premier soir la !). Et cest la ou Sylla a eu la gale. Faut pas trop s etonner...

Bref, voila la meilleure image que je puisse donner. La vibe y est speciale mais j adore et j ai ete tres bien accueillie.

Yopougon represente pour moi beaucoup de choses. Tant par la BD Aya de Yopougon que par ce qu il s est passe en 2000 et durant la guerre (un vrai carnage...). Alors, je suis fiere et contente d y retourner en octobre et de me marier la bas, car nous avons choisi la mairie de Yopougon !

A +

Sunday, 12 July 2009

Le depart

Apres le boulot a midi, le 16 juin dernier, je rentre direct et finis mes bagages, mets les dernieres choses necessaires : brosse a cheveux, lentilles, etc... Puis avec Tom, je file a la gare. Le train est a 13.05.
Dans le train, je mange tranquille le sandwich que Tom m a fait. J arrive au centre de Londres a 2h.
Je me rends direct au consulat ivoirien. J arrive la bas a 14.30. Affaire reglee en moins de 10 minutes. J ai mon passeport avec mon visa ok. Je suis prete !
Apres cela, je file direct a l aeroport. Je ne suis pas pressee mais mieux vaut aller en avance.
Apres une heure dans le metro, j arrive vers 16.30.
L aeroport est immense mais je m y retrouve facilement. Pas de probleme pour l enregistrement des bagages, ni pour le passage a la douane.
Cest ensuite dans la salle d embarquement que Ludo m appelle. Sympa de sa part ! lol.
Mon avion est a 18.10.
Le vol jusqu a Casablanca s est bien passe. J ai discute un peu avec mon voisin, un saoudien faisant du tourisme au Maroc pour la deuxieme fois. Je mange un poulet/riz assez epice.
J arrive a 21.30 la bas. Mais petit probleme : mon enregistrement pour mon deuxieme vol est a 21.30 exactement ! Alors, je me depeche comme je peux pour sortir de l avion. Je courre direct vers ma correspondance (apres quelques questions au passage) et passe la douane marocaine. A cette heure la il n y a pas trop de departs alors ca va.
Apres la douane, j embarque direct et decolle vers 22.20.
Sur ce vol, je dors tranquille. On nous fournit couverture et tout. Royal Air Maroc est bon pour le service a bord.
J arrive a Abidjan vers 2 h du matin. 23 C en pleine nuit. Bonne arrivee !!

A suivre...

Tuesday, 7 July 2009

Les preparatifs pour la Cote d Ivoire

Les preparatifs n ont pas ete difficiles cette fois, etant donne que j ai deja une experience ouest africaine. Je veux dire que je n avais pas grand chose a acheter.

Niveau sante, j ai rien achete a part un spray anti moustique de 100 ml, pour une semaine, ca a fait l affaire. Meme en pleine saison des pluies, pas de tablettes anti paludisme car je trouve qu elles ne servent a rien. (Mais ca, cest une autre histoire que j expliquerai peut etre plus tard).
J ai emmene avec moi quelques anti diarrhee et paracetamol (j y ai pas touche durant mon sejour ! tant mieux !) et aussi une creme solaire que j avais deja.

Niveau vaccin, celui contre la fievre jaune (le seul obligatoire) est toujours valide, donc rien a faire de plus.

Et mon passeport est bien entendu toujours valide.

Donc voici mon budget :
- billet Londres/Abidjan aller/retour : £518
- visa : £65
- train Londres aller/retour pour le visa : £32
- train Londres aller/retour pour aeroport : £34
- divers (spray, etc...) : £10
- monnaie sur place : £120

Soit un total de : £779. cest a dire environ 872.48 euros (£1 = 1.12 euros a ce moment la).

-> A ne pas oublier : les 200 000 francs CFA de frais pour la notaire (pour le contrat de mariage). Donc 300 euros a ajouter...

A+

Sunday, 28 June 2009

Quand j etais en Cote d Ivoire (16-24 juin)..

Hi !
Oui, apres la rubrique 'Quand j etais au Mali...' (qu il faut que je mette serieusement a jour !), je vais commencer celle sur la Cote d Ivoire. Mon sejour s est deroule du 16 au 24 juin.

Pour commencer, voici quelques infos incontournable sur le pays.

Localisation : Afrique de l Ouest (A cote du Ghana, du Liberia, du Burkina, du Mali et de la Guinee)
Capitale : Yamoussoukro
Villes principales : Abidjan (ou j etais), Bouake, Man, Daloa, Khorogo
Langues principales : francais, dioula, bete, baoule
Monnaie : franc CFA (1 euro = 655,957 francs CFA)
Climat : tropical au nord (plus sec, cest la savane) et equatorial au sud (pluies plus denses et fortes, cest la foret).

A+